Avant de se lancer dans la pratique de la sculpture sur bois, le sculpteur a besoin de trouver un espace approprié à l'exercice de son activité. Pour qu'il puisse travailler sans gêne, son atelier doit se situer de préférence au rez-de-chaussée. Il doit être à l'abri de l'humidité et bien éclairé sans pour autant être ensoleillé, car la lumière directe du soleil a l'inconvénient, en plus d'être néfaste au bois, de trop mettre en évidence les ombres. L'orientation idéale de l'atelier devrait lui permettre de recevoir la lumière du nord, plus douce et plus diffuse. Mais l'atelier idéal existe rarement ; aussi le choix et l'aménagement d'un atelier de sculpture sur bois correspondent souvent à une suite de compromis.
En bois, ou en métal, les compas se révèlent très utiles pendant la conception du projet, mais également pendant l'opération même de la sculpture. Le sculpteur a recours à plusieurs types de compas. Le compas droit sert à reporter les dimensions sur une surface plane...
Le compas d'épaisseur, avec ses branches convexes, est utile pour prendre les cotes, l'épaisseur, les formes d'une sculpture en ronde-bosse. Le compas de profondeur ou d'intérieur, sert à mesurer la saillie, l'épaisseur d'une sculpture, un diamètre intérieur.
Scie à dos, à guichet, égoïne, à ruban, à déligner, à chantourner, tronçonneuse, etc. C'est la danse des scies ! Elles sont nécessaires à toutes les étapes. Pour la première étape de la sculpture en ronde-bosse, appelée épannelage...
... à partir du bloc de bois initial, sur lequel la silhouette de la sculpture a été rapidement dessinée, il s'agit de dégrossir la matière superflue. La scie à dos sert quant à elle, à chaque instant, à couper toutes sortes de pièces de bois pour des travaux en détail.
Si le sculpteur frappe avec la paume de la main de temps en temps sur ses gouges, il utilise le plus souvent un maillet en bois ou bien une massette cylindrique.
Une telle forme offre une surface de percussion accessible sous tous les angles sans altérer le manche de la gouge. Le choix de l'essence du bois du maillet est essentiel. Plus les fibres du bois sont serrées, plus le maillet offre de résistance aux coups.
Aussi le sculpteur choisit un maillet en buis ou en frêne ou hêtre ou gaïac. La massette, quant à elle, possède un manche en bois qui traverse un cylindre métallique en alliage de bronze, de zinc et de fonte. Elle se révèle indispensable pour les frappes précises et contrôlées.
Un critère est toutefois facile à respecter. L'atelier d'un vrai professionnel est toujours bien rangé. L'image selon laquelle la fantaisie, le désordre et le fouillis sont les critères inhérents à l'inspiration artistique, relève d'un cliché inadéquat. Le désordre ne peut être que source d'agitation et d'insécurité à passer son temps à chercher les outils. L'atelier doit être un lieu paisible, sans surcharge, sans suréquipement, car la simplicité est la clef de la créativité. L'outillage qui peuple l'atelier du sculpteur sur bois est varié. L'établi en constitue l'élément central, mais il ne serait d'aucune utilité sans les gouges, les presses, les étaux, les maillets, les compas, les râpes et les rifloirs, etc.
Après le modelage à la gouge de la sculpture, certains outils se révèlent utiles à la finition. Composés en trois parties, une partie centrale qui sert à sa préhension, deux extrémités en forme de fines râpes, les rifloirs servent à modeler, lisser les formes, égaliser les surfaces, aplanir les protubérances, polir le bois des sculptures.
Les râpes qui mordent avec le plus d'efficacité le bois sont les râpes "piquées" à la main. Mais il existe toutes sortes de râpes, en fonction de la finesse de la piqûre (de la plus grossière à la plus fine), en fonction de la forme de leur lame (carrées, rondes, creuses, etc.)
Si certains sculpteurs travaillent à même le sol, en tenant la pièce de bois avec leurs pieds, un bon établi solidement campé sur quatre pieds aux fortes proportions, s'avère un accessoire non négligeable pour fixer la pièce de bois et sculpter confortablement en ayant les gouges à portée de main.
Le sculpteur travaille debout ou assis. Aussi la hauteur de son établi dépend de la manière dont il travaille et de l'envergure de la pièce de bois à sculpter. La hauteur classique d'un établi est de 90 cm. Il est toujours possible de le surélever en ajoutant des cales sous ses pieds. Quant au plateau de l'établi, d'une épaisseur de 10 cm, en orme ou en hêtre ou en noyer, il doit pouvoir recevoir une quantité importante de gouges, si nécessaire. Sa largeur ne doit pas être inférieure à 80 cm.
La pièce de bois est fixée à l'établi par un outil de fixation. Plusieurs solutions existent. Presses allemandes, presses métalliques, presses en bois, vis anglaise, tous les moyens sont bons pour travailler en toute quiétude. Pour les pièces fragiles, un collage temporaire sur une planche est utile.
Outil de serrage traditionnel pour les petits objets, l'étau en bois à chariot maintenu à l'établi par une grosse vis de fixation. De nouveaux étaux, encore plus performants sont proposés par les spécialistes. Par exemple l'étau à rotule.